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Chapitre 6

LE MONDE DE L’ÉDUCATION

Néguac reçut sa première école sans doute au début des années 1830. Avant cette décennie, les jeunes Acadiens du village ne sont pas sans enseignement car, encore une fois, Néguac fait figure d'exception. Les Acadiens sont largement illettrés à l'époque, mais la jeune communauté de Néguac compte certains hommes et femmes sachant lire et écrire. De ce groupe, Otho Robichaud et son fils Louis, qui enseigneront tout probablement à lire et à écrire à leurs enfants et à quelques jeunes du lieu. La famille de Michel Allain aussi pu profiter de l'éducation de leur. Donc, déjà à ses débuts, la petite élite de notables de Néguac peut lire et écrire.

Les contribuables de la paroisse civile d’Alnwick avaient alors la responsabilité de mettre sur pied une école paroissiale. Le missionnaire William Dollard écrivit à Louis Robichaud en 1831 et mentionne le mariage d'un maître d'école à Néguac. En 1835, William Sterling est enseignant à l'école de Néguac. Plusieurs anglophones enseigneront à Néguac, ce qui fait que les jeunes enfants auront une assez bonne connaissance de l'anglais. Thomas LeMarquand sera présent comme enseignant et aura à sa charge un groupe de 18 jeunes de la région, dont l'âge variait entre 6 et 12 ans en 1834. Plusieurs hommes se succéderont comme enseignant à Néguac. Notons au passage, John O'Corcoran vers la fin des années 1850, Laurent Tremblay, au début des années 1860, Isaïe Savoie, à la même époque.

Un grand débat secoua le monde acadien du Nouveau-Brunswick à partir des années 1870. La loi des écoles communes de la province fut adoptée en 1871 avec son article 60

Selon le "Report of the Chief Superintendent of Schools for the Year 1870", voici quelques données sur les écoles de la paroisse civile d'Alnwick.

Nombre d'écoles: 8

Nombre d'écoles catholiques: 3

Nombre d'enseignants: 6

Nombre d'enseignantes : 2

Nombre d'élèves: 194

-garçons moins de 16 ans 108

- garçons plus de 16 ans 6

-filles moins de 16 ans 73

-filles plus de 16 ans 7

  • Source: J.L.C.N.B. (1871).

qui interdisait l'enseignement de la religion dans les écoles relevant de la province. Comme beaucoup de villages acadiens, Néguac, paroisse catholique, protesta contre la nouvelle loi. À l'hiver de 1872, des contribuables réunis en assemblée, s'opposent: "... aux dispositions du Bill des Écoles et ... ont au lieu et place de l'élection des syndics et de la votation de l'argent nécessaire, signé un protêt contre l’njustice de la mesure. M. P. Robichaud, présidait l’assemblée ... et Romain Savoy agissait comme secrétaire". On optera pour la construction d'une école catholique et privée, financée par les paroissiens. En novembre 1873, le Moniteur Acadien publia une annonce invitant les jeunes des autres paroisses à s'inscrire à celle de Néguac afin d'être garantie d'une bonne éducation chrétienne.

Les années qui suivirent furent témoins de compromis entre les articles du bill King et les demandes des Acadiens. Le nombre d'écoles dans la région de Néguac augmentait, chaque district de la paroisse en désirant une. Le centre du village eut la sienne, la Rivière-des-Caches ainsi que Bas-Néguac. Puis Fairisle vers 1887 en construisit une. L'arrivée de l'abbé Arthur Gallien comme curé de Néguac fut très remarquée dans

Le 13 novembre 1873, le Moniteur Acadien publiait cette annonce au sujet d'une nouvelle école à Néguac.

le monde de l'éducation. En 1948, sous sa direction, on construit une école régionale qui porte aujourd'hui son nom. Les réformes administratives dans le milieu scolaire provincial réduisit le nombre de districts dans la région à un seul, le district no 7 dont le centre administratif est toutefois Tracadie. Sous peu, le village de Néguac sera doté d'un nouveau complexe scolaire qui abritera les classes des élèves de la lère à la 12e année en plus d'un amphithéâtre destiné à la fois au milieu scolaire et communautaire.

 

AHCN - 2010-10-04