Notre histoire ... notre patrimoine
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INTRODUCTION Le titre de ce livre décrit en quatre mots ce qui fut l'un des traits dominants de l'histoire de Néguac depuis son établissement par des familles acadiennes vers la fin des années 1750. Village acadien, Néguac fut et est toujours à cheval entre deux régions, la baie de Miramichi et la Péninsule acadienne. Depuis près de 250 ans, Néguac entretient des relations surtout administratives et économiques avec les communautés anglophones de la baie de Miramichi, le village faisant partie de la circonscription fédérale de Miramichi. Mais Néguac a également toujours été partie prenante de cette nouvelle Acadie qui naquit dans la Péninsule après les dures années du Grand Dérangement. Plusieurs familles de l'endroit ont, sur plusieurs générations, conclu des alliances matrimoniales avec des familles de Caraquet, Shippagan, Pokemouche, Inkerman et Tracadie. La population catholique de la paroisse Saint-Bernard de Néguac eut les mêmes missionnaires que les autres villages de la Péninsule. De plus, au tournant du 19e siècle, l'Acadien le plus en vue du nord-est de la province, le marchand et juge de paix Otho Robichaud (1752-1824) de Néguac, commerçait autant avec les marchands acadiens de la Péninsule qu'avec ceux de la baie de Miramichi. Les années 1990 accentuent cette double appartenance de Néguac, car le village est toujours lié administrativement au chef-lieu de Newcastle mais dans certains domaines, tels l'éducation et le tourisme, c'est la Péninsule acadienne qui devient le pôle d'attraction. Ce livre constitue avant tout un rapide survol de l'histoire de Néguac. Fruit de quelques mois de recherche et né d'une commande parrainée par la municipalité de Néguac en 1989, et sous la supervision du comité touristique du village, "Entre Baie et Péninsule" veut surtout jeter plus de lumière sur les premières décennies du village, les années allant de 1757 aux environs de 1830. Ce fut pendant cette période que Néguac devait, par la force des choses, choisir de vivre son quotidien entre la baie de Miramichi et la Péninsule acadienne. Plusieurs pages ont également été consacrées à l'histoire de la région à l'époque des Micmacs et à la présence des Denys dans la Miramichi puisque ces acteurs furent, sans le savoir, très importants dans le choix de l'emplacement du village actuel. Les autres chapitres du livre présentent brièvement les grandes étapes de l'histoire du village dans les domaines économiques, politiques, éducatifs et religieux. Plusieurs historiens et historiennes se sont intéressés à Néguac et ce livre a puisé abondamment dans les ouvrages de W.F. Ganong, "The History of Neguac and Burnt Church", publié en 1908, "L'album-souvenir de l'Église Saint-Bernard, Néguac, N.-B.", de l'abbé Edmond Ouellette, paru en 1948 et l'article "Néguac", de l'abbé Arthur Gallien, publié dans les Cahiers de la Société historique acadienne en 1963. Cependant, ce livre est surtout redevable à quatre auteurs de la Péninsule acadienne, soit Soeur Corinne LaPlante, r.h.s.j., Mgr Donat Robichaud, Fidèle Thériault et Éloi DeGrâce. Depuis maintenant de nombreuses années, ce "quatuor" produit articles, livres et répertoires qui non seulement facilitent la recherche historique sur le nord-est de la province, mais l'enrichissent de nouvelles sources et de propos fort pertinents. Leurs nombreuses recherches sont publiées entre autre dans la Revue d'histoire de la Société historique Nicolas Denys, publication dynamique qui contribue grandement à une meilleure connaissance du passé de la Péninsule acadienne. Une mise en garde s'avère nécessaire quant l'utilisation du mot Néguac pour désigner le village. La création de la municipalité de Néguac remonte seulement à 1967, alors que la paroisse religieuse date du 19e siècle mais comprend un territoire plus grand. Néguac désigne donc les différents hameaux ou districts qui existent encore aujourd'hui et qui continuent d'être le lieu d'identification d'une partie de la population, tel Rivière-des-Caches ou Bas-Néguac. Il en va de même pour la baie de Miramichi qui désigne les nombreux établissements situés à l'embouchure de la rivière Miramichi et qu'on retrouve jusqu'à l'embouchure de la rivière Tabusintac. Les documents historiques des 17e, 18e et début 19e siècles imposent ces généralisations géographiques puisqu'ils ne sont pas très précis dans leur description du territoire.
"Entre Baie et Péninsule" se veut un livre qui accorde beaucoup
de place aux documents historiques afin que les lecteurs et lectrices puissent
entrer en quelque sorte dans le passé du village par ces nombreuses
fenêtres présentes dans cet ouvrage. Mais avant tout, cette
brève histoire de Néguac tient à démontrer
que les Acadiens et les Acadiennes qui ont construit ce village ne cadrent
pas dans l'image misérabiliste qu'on a peint des communautés
acadiennes à la fin du 18e siècle et au 19e. Malgré
une économie qu'elle ne contrôlait pas et une structure politico-administrative
provinciale anglo-protestante, la population de Néguac témoigna
d'un dynamisme qui n'a rien à voir avec l'enracinement dans le silence
ou encore avec ces villages acadiens qui étaient, selon l'historienne
de la Miramichi Esther Clark Wright, "... out of focus" (1)
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AHCN - 2010-10-04 |